GoT on Air

Webzine, écho de notre société, et billet d'humeurs sur l'actualité, avec une série décalée en fil rouge : the inSSIIder sur le monde des SSII.

17 février 2008

Une place paisible baignée par le soleil...

Une place paisible baignée par le soleil...

Un rayon de soleil, chic, il fait froid mais le jardin est baigné dans une lumière éclatante. Avec cet hivers qui tire sur s fin, les premiers bourgeons sont là, le prunier est magnifique avec ses fleurs blanches, l'herbe redevient verte doucement et ce petit espace verdure en pleine ville va vite redevenir un espace privilégié où je pourrai me prélasser au soleil.
Quand on est un cocker qui vit en ville, c'est quand même sympa d'avoir un bout de terrain pour s'ébattre.
Dans la fraicheur de ce dimanche matin, je vais m'étirer à la chaleur de ce soleil naissant.
Tiens mon pote Naxos roupille encore dans un tas de feuilles, la nuit a surement été chargée !

Naxos c'est mon pote chat. Oui un cocker et un chat ça peut être pote. Il est arrivé à peine qq semaines après moi, il a été trouvé dans la rue, remis en état et un jour qu'on était avec mes maîtres chez des amis qui s'occupent de placer les animaux perdus, abandonnés ou maltraités, ça a été le coup de foudre. Moi jeune chiot retiré de ma portée et qui m'ennuyait seul en appartement (à l'époque), je venais de trouver un compagnon avec qui faire les pires conneries.

felix_the_cat

Pour sûr on les a fait criser nos maîtres. Le truc sympa avec un chat c'est que ça peut aller en hauteur là où un chien ne le peut pas. On en a dépouiller des chaussures, des  canapés, des boîtes de chocolat,  on s'entendait comme deux larrons en foire. Mais Naxos a vite fait le tour de l'appart, et ses instincts ont vite repris le dessus. Les murs et les portes, lui il ne supportait pas.
Né dehors, une fois remis de son traumatisme, il n'a vite pensé qu'à retrouver sa liberté, et il passait ses journées sur la balcon à lorgner sur la pelouse de la résidence. Il était claustro à mort, et devenait fou, et c'est plus d'une fois qu'il a ruiné tous les papiers peints de rage d'être enfermé.

Un jour on a déménagé.
On s'est retrouvé dans cette maison avec jardin. Pour moi c'est l'époque où j'ai trouvé une aire de jeu et que  je pouvais sortir autant de fois que je le désirais. Mais chaque médaille a son revers,  du coup les ballades se sont faites plus rares, et mon copain chat n'a plus jamais voulu rentrer à l'intérieur trop content de retrouver la nature.

La première semaine il s'est barré dés qu'il a mis les pattes dehors. Il n'est revenu que quelques jours plus tard, une fois qu'il avait fait le tour du voisinage.
Ce fût comme ça pendant toutes ces 8 dernières années. Il vient de temps en temps manger dans la gamelle laissée pour lui dehors, il n'est jamais bien loin, dort à la belle étoile, dans sa caisse devant la porte, dans un amas de feuille, dans la petite remise sous les escaliers, chez des voisins, ou dans le grand cimetière derrière le mur du fond du jardin où personne ne vient le déranger. C'est un vrai ermite.
Mais une de ses places préférées, c'est devant la maison, sur la descente d'escaliers devant la porte d'entrée. Le rebord en béton fait une belle pente, et il s'y met les pattes de chaque coté comme s'il enfourchait une Harley, et il se laisse dorer au soleil les jours où il fait chaud.

Je ne le vois pas très souvent du coup, et je regrette le temps où on passait nos journées à trouver des conneries à faire. De plus le 31 décembre 1999 il nous a ramené une pétasse de gouttière, en cloque en plus, mais d'un autre, car lui il avait été opéré.
Je ne l'ai jamais vraiment aimée celle là, très autoritaire, pas très sociale avec nous qui sommes là pourtant depuis plus longtemps, et elle a eu en plus 3 mômes. De vrais chats sauvages ceux là, on a jamais pu les approcher, ils venaient juste piquer de la nourriture et repartaient juste après. Seul le mâle était sympa avec sa tête de persan, mais ils n'ont pas fait long feu; comme ils ne se laissaient pas approcher, sans vaccination ils n'ont pas résisté plus de 3 saisons entre les maladies et le danger de la rue.

On s'est donc retrouvé mon pote Naxos,  la Gribouille et moi. Eux dehors, moi dedans.

On a quand même gardé des moments privilégiés; en effet quand je vais me promener au bout de la rue avec mon maître, Naxos est de la ballade et fait le trajet avec nous. Tous les deux en liberté, on peut faire un bout coté à coté et c'est vraiment sympa.
Noir et blanc comme Félix le Chat,  un regard mi doux mi fou, c'est un chat athlétique aux longues pattes à la démarche légère et assurée, sa taille en fait un grand chat musclé aux griffes épaisses. Il est respecté dans le quartier et n'hésite pas à donner du combat singulier.
Pourtant avec les humains et surtout les enfants c'est une vraie crème qui ne sort jamais les griffes. Une vraie peluche, si vous arrivez à l'attraper, car le bougre préfère sa liberté à la chaleur d'un foyer douillet. Souvent les gosses et même certains chiens s'arrêtent devant le grillage pour lui dire bonjour.

De temps en temps on se fait également quelques câlins dans le jardin ou on joue avec une vieille balle de tennis, mais c'est vrai que le plus souvent il doit être en ballade, car de jour comme de nuit il est rarement dans le coin.

felix_the_cat_2

Ce matin donc il dort encore quand je sors aux premiers rayons de soleil. Content de le voir près de chez nous je m'approche mais il reste dans son tapis de feuilles, enroulé, ses pattes autour du museau. Je décide de le laisser profiter de sa grasse matinée...

Ce n'est qu'un peu plus tard que je compris qu'il ne se réveillerait pas. La nuit avait été particulièrement froide depuis une semaine. Pourquoi n'avait il pas cherché un endroit plus à l'abri ? Avait il assez chaud dans son tapis de feuilles quand il s'est endormi et le froid l'a t il surpris dans son sommeil? Pourquoi par ces nuits si froides ne voulait il jamais rentrer un peu se réchauffer, peut être par peur de devoir de nouveau rester enfermé, être libre ça n'avait pas de prix pour lui !

Que de questions...

Ce Dimanche 17 Février 2008 au matin,  environ 11 ans, mon frère Naxos est mort de froid.

Je suis triste, triste plus pour moi que pour lui.
En effet il est mort comme il a vécu, indépendant, libre, vivant sa vie dehors. Il a été heureux comme ça, et s'est éteint dans son sommeil paisiblement; belle sortie pour un chat mi sauvage qui a évité tous les pièges de la rue.

une_belle_place_ensoleillee_resize

Aujourd'hui il nous manque à tous, on l'aimait tous.
Mes maîtres lui ont dit longuement au revoir, et il repose à présent tranquillement au fond du jardin, sous un arbuste. Une belle place baignée par le soleil le matin et à l'ombre l'après midi, une place paisible comme il aimait.
ll est bien là, j'en suis certain, et heureux de pouvoir rester près de cette maison et des gens qu'il aimait.

Nos ballades vont me manquer...

A toi Naxos...




Posté par god_of_thunder à 23:50 - Naxos - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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