27 août 2007
Au coeur de la Nuit
Au coeur de la Nuit
Je ne sais pas comment cela est lié, qui est dépendant de l'autre, mais en plus de l'agoraphobie, je cumule aussi des troubles du sommeil. En fait trouble de l'endormissement, car j'ai un sommeil de plomb, mais je n'arrive pas à me coucher. Heu j'en vois au fond qui disent "moi aussi j'ai du mal à me coucher...", sauf que quand vous mettez 30 min à vous endormir à minuit, moi à 5h du mat après avoir épuisé 4 épisodes de série TV, bouquiné, écouté de la musique, j'en suis à écrire ce post pour occuper le temps.
En fait je ne me sens bien que la nuit, qd tout est calme, que tout dort comme une enclume (vous saviez que les cockers ronflent?!),le seul bruit parasite étant l'écho de mes propres pensées.

Aussi loin que je puisse me souvenir, j'ai toujours eu un mal fou à aller me coucher, et à me lever aussi. Et pourtant j'aime la sensation d'un lit défait, la sensualité des draps froissés, mais en journée. Je pourrai dormir tant que le jour est là pour ne me réveiller qu'à la nuit tombante; plus la nuit avance, plus mes angoisses disparaissent, plus l'aube approche plus mon oppression revient. j'ai souvent l'impression d'être comme un condamné qui attend l'heure de l'échafaud, la nuit est son amie, sa quiétude, son apaisement, le jour qui se lève est l'annoncement de peine et douleur. Chaque jour qui se lève m'enferme dans un monde où je me bats pour exister, chaque soir me libère de mes chaines et me révèle.

Entre sommeil et éveil, c'est une bizarre sensation de conscience hyper développée et d'une précision au scalpel dans un corps à demi endormi. Libéré de la gestion du physique l'esprit semble se libérer, comme s'il n'utilisait plus son énergie à gérer l'activité corporelle et que cette énergie était de nouveau disponible pour des fonctions plus nobles. L'ivresse de la fatigue avec la libération des endorphines ressemble au bien être que peut procurer des produits comme le tabac ou l'alcool, qui utilisent les mêmes récepteurs.
Je lutterai jusqu'à ce que la fatigue ait raison de mon insomnie, où je sombrerai dans les limbes ouatées de l'épuisement cérébral, l'activité des mes neurones enfin anesthésiée.
Surement mes angoisses ont elles besoin d'être digérées avant de retrouver un état paisible. Je rêve de pouvoir un jour vivre qq temps selon mon rythme biologique, sans contrainte, sans obligations, juste être à l'écoute de ce cycle déréglé.

Je suis obligé de me forcer à me coucher en semaine assez tôt (max 1H30 du mat) pour éviter d'être un zombi, et je lâche la bride le week end et les vacances. Est ce cette vie de con dans une société inhumaine qui nous presse et nous use, est ce une composante sous-terraine de l'agoraphobie, ou suis je depuis toujours un noctambule.
"Mes nuits sont plus belles que vos jours" pour reprendre le tire du roman de R.Billetdoux et le film qu'en a tiré A.Zulawski, le silence de la nuit donne une étrange résonnance ou peut-être bien une "raisonnance" à l'existence.
G.o.T
22 mai 2007
Pile Alcalife
Pile Alcalife
Chaque crise d'agoraphobie épuise son "hôte" aussi surement qu'un arrachage de dent sans anesthésie, ou la désinfection d'un plaie béante à l'alcool pur. Chaque gestion du "changement" (nouveau lieu à affronter, transport en commun bondés etc...) pompe aussi pas mal d'énergie afin de combattre l'arrivée d'une crise issue de cette mise en danger face à un nouvel environnement.
Toute cette énergie qui fuit de partout doit être régénérée, ré-emmagasinée sous peine de tomber raide un jour au mileu de la foule.

Pour ma part je me nourris du "quotidien répétitif". Grandes inspirations le matin avant de partir, café dès que j'arrive sur mon lieu de travail, lecture des mails, etc... Toute la journée est ponctuée d'actions "de référence" qui me donnent des repères quotidiens. Aller chercher ma fille le soir est aussi un moment d'oxygènation, pouvoir avoir 1h30 avec elle me permets de me libérer de l'énergie négative et du stress de la journée en me rechargeant à l'innocense d'un gamin qui joue et rit.
Mais les 3 plus grosses "recharges" sont quand je peux me permettre de me réveiller le matin, et de me rendormir toute la journée si j'en ai envie (malheuseusement difficile à faire, car il faut que je sois en vacances et seul à la maison), écrire (spéciale dédicace pour toi cher lecteur ), ou regarder un film (et encore plus s'il fait partie des mes préférés vus une dizaine de fois). Mais ces 2 dernières activités ont également un prix à payer, car je ne peux les réaliser que tard, souvent après minuit.
Malgré la fatigue, cela m'aide à me revitaliser, et à finir la journée sur des ondes positives retardant en plus l'heure du coucher et donc l'affrontement d'un nouveau lendemain avec son lots de dangers potentiels.
Alors oui "matin" est une insulte dans mon vocabulaire, et "tôt le matin" une incitation au génocide. 10h c'et pourtant bien comme heure pour aller bosser non ? en plus bcp moins de monde dans les transports ou sur la route !!!
site sur l'agoraphobie : www.deploie-tes-ailes.org
G.o.T
08 mai 2007
Affronter ses Peurs
Affronter ses Peurs
Pour un agoraphobe comme moi, le plus difficile est d'avoir à affronter un environnement non habituel, et de devoir y rester. Oui pas de problème pour aller dans un nouveau magasin, un lieu en plein air, un RDV chez un nouveau client pour une réunion d'1 heure, tout cela est facile car j'en détiens quelque part le contrôle.Libre à moi de sortir quand je veux, ou de diriger la réunion. La difficulté vient d'un endroit clos avec du monde autour, dont je ne maîtriserai pas la possibilité de sortir, ou de me déplacer facilement. Un wagon de RER bondé, une salle de cinéma où je serai assis au milieu de la rangée, une file de super-marché, un embouteillage monstre.

Toutes ces situations, une personne souffrant d'agoraphobie les évite le plus possible, tout en s'obligeant à les vivre régulièrement.
Sado-masochisme ? Non ! On s'oblige à affronter nos angoisses sous peine de les voir nous consumer et de ne plus pourvoir aller nul part. L'agoraphobie n'étant pas une maladie mais un réflexe "biaisé" du comportement, il faut régulièrement se "mettre en danger" pour apprendre à surmonter nos peurs.
C'est un peu comme aller chez le dentiste. Si on y va 2 fois par an, on est presque certain de ne pas avoir grand chose à craindre, et que la scéance sera courte. Si vous y allez tous les 10 ans, forcément il y aura surement du boulot à faire et vous irez complètement flippé. Idem, si vous êtes habitué à passer des examens (embauches, concours, certifications...) vous serez un peu stressé, mais si c'est exceptionnel, vous serez surement très angoissé.
Pour nous c'est notre quotidien. Le "mal au ventre du lundi matin" est là en permanence dès que nos habitudes changent, que l'environnement n'est plus familier, dès qu'on a plus le contrôle. Oui le contrôle, toujours cette vieille notion de vouloir contrôler son environnement, et plus on essait de le faire, et plus les angoisses arrivent. Perfectionniste, oui je le suis comme bon nombre l'agoraphobes, ça fait partie de mon trouble.
Savoir se donner le l'air, laisser le temps faire, n'être qu'une partie de l'ensemble et non pas le chef d'orchestre, se fondre dans la masse, voilà des attitudes difficiles pour nous, pourtant signe de salut pour éviter la psychose.

un shoot à la peur ça vous tente ?
Alors certaines fois je décide d'affronter le vrai visage de mes phobies, je me laisse dévorer par ma peur, je la sens venir, je la laisse gagner du terrain, elle se nourrit de mes angoisses de mon stress de ma fatigue. Je la laisse s'installer, c'est comme un shoot. C'est enivrant de laisser monter l'adrénaline, de sentir tous ses sens aux abois, puis de se laisser submerger par l'afflux de sang et d'oxygène issus de la surventilation, décharge aveuglant toute pensée pendant que le corps est parcouru par des tremblements. Quelques minutes de plateau, puis tout retombe dans une extrème fatigue et une sueur froide.
Avec le temps et l'entrainement, on arrive à les affronter, pas à les éviter, mais à mieux les gérer, à limiter l'étendu des crises et leur durée.
Je ne crois pas qu'on puisse guérir de l'agoraphobie, elle met des années à s'installer, on met des années avant de comprendre, et des années à s'entrainer à combattre notre quotidien.
site sur l'agoraphobie : http://www.deploie-tes-ailes.org/
G.o.T
01 mai 2007
Under Pressure
Under Pressure
Nuit courte, des tas de cauchemars, soif et draps humides de sueur.
5h12, à peine deux heures que je dors, encore deux heureusement, je re-sombre.
7h30, enfin il sonne, ça fait bien 25 minutes que j'attends après ce putain de réveil.
Nausée, mal de ventre, ma première quinte de toux matinale m'arrache les poumons.
Je n'arrive pas à avaler autrechose qu'un léger café crème et un Spasfon. Je m'habille en vitesse après un bref passage sous l'eau et un long au WC.
Je sors sur le perron, respire à fond, envie de gerber; magne toi le cleps, je vais finir par être en retard.
8h30, voiture garée au parking, je monte les escaliers qui mènent au quai du RER, je titube, manque d'oxygène, la main courante m'aide à me hisser. Je vais péniblement au bout du quai, moins de monde en fin de rame.
Le RER est devant moi, jes gens se ruent, je marque une pause, je prends une grande inspiration, j'entre. Du monde à droite, du monde à gauche, un tremblement court sur mon dos et mes bras. Il reste une place assise au fond, je me jette dessus, sors mon MP3, et pousse le son assez fort pour ne plus pouvoir penser, je ferme les yeux et me laisse emporter par les vibrations du train qui demarre.

Une secousse, gare suivante, les portes s'ouvrent, des gens montent, montent encore, la bétaillère du matin. Ce putain de train reste à quai au moins 3 minutes, interminables...
Mon regard reste fixé vers la porte...
Il est toujours temps de sortir... il est toujours temps de sortir... il est toujours temps de sortir...
Enfin le RER redemarre, je monte encore un peu le son, me prends la tête dans les mains et entame une respiration rapide et profonde pour calmer mon mal de ventre. Les deux stations suivantes passent comme un rêve éveillé, entre perte de lucidité et lumières furtives.
Champs Elysées, je sors et cours attraper le métro, mais au milieu du long couloir, je faiblis et dois reprendre mon équilibre en m'appuyant sur un mur. Une quinte de toux m'arrache la gorge et je ravalle une nausée.
La ligne 1 est lumineuse, spacieuse, je décompresse un peu. 2 stations plus tard, enfin la surface.
Grand soleil, j'inspire à fond plusieurs fois, grand soleil, j'inspire à fond plusieurs fois, grand soleil, j'inspire à fond plusieurs fois...
Attendant au feu, je reprends un cachet antispasme, si seulement j'avais un paquet de cigarettes! 2 ou 3 d'un coup m'auraient assez embrumé pour calmer ma terreur. 3 ans que je n'ai plus cette chance.

Je regarde cette superbe avenue avec ces dizaines de voitures qui la descendent, j'ai furieusement envie de fermer les yeux et de traverser en aveugle histoire de forcer la chance, si je passe de l'autre coté indemne alors ce sera une bonne journée non ?!.
Je traverse, au rouge.
Encore 100 mètres avant l'entrée présumée, je vacille, mes jambes ne me supportent plus, je cherche un banc pour m'asseoir. Je retire mon casque de MP3, le tumulte de la rue me réconforte.
Devant l'entrée majestueuse, il me reste encore l'alternative. Je peux encore faire demi-tour, mon mal de ventre est sous contrôle, tant que je reste maître de mes choix j'arrive à le contrôler.
Je m'annonce à l'hotesse, plus possible de reculer à présent, des couteaux me lacèrent les intestins. Oui je sais bien que tout cela ne rîme à rien, que c'est mon esprit qui me torture.
10 minutes que j'attends, stress maximum, tu dois te calmer, tu as le contrôle, l'expert c'est toi, ils ont besoin de toi, tu as le contrôle... respire... enfin quelqu'un arrive.
Je prends une grande bouffée d'air, je me lève doucement, 1m90 qui se déplient impressionne forcément, je lance un sourire forcé, tends une main ferme et sans trembler jette un "Bonjour" joyeux en me présentant.
Il a l'air sympa.
On commencera par un état des lieux autour d'un café, la journée se passera sans problème, sans stress ni angoisse; en sortant le soir, je resterai assis sur un banc un bon 1/4 d'heure pour évacuer la tension accumulée depuis la veille. Je me coucherai ce soir là sans peine, vidé.
***********************************
Quoi de spécial à cette journée pour se mettre dans de tels états?
Pas grand chose en fait pour le commun des mortel... c'était il y a qq semaines, une nouvelle mission chez un nouveau client avec la prise de transports en commun, blindés de monde., le quotidien de bcp de gens.
Mais la journée typique qui rend malade à en crever quelqu'un comme moi souffrant d'agoraphobie.
G.o.T
28 septembre 2006
Agora quoi ?!
Agora quoi ?!
Je savais à peine écrire ce mot il y a 2 ans, et le sens que je donnais à cette maladie ne correspondait pas tout à fait à la réalité des choses.
Je suis une femme d'aujourd'hui, qui jongle entre vie de famille, vie sociale et professionnelle tout le temps. Pas de place pour la faiblesse "faut que ça drope".

Agoraphobie = la peur du monde
J'aime le monde, je me sens bien dans ma peau, mon mari aussi, donc pas de malaise ! Ce n'est pas à nous que ça va peut arriver.
Flash Back
Nous venons d'avoir une petite fille c'est dur dur mais on s'en sort. Poussée par mon rythme de vie, j'évite de me pencher sur les états d'âme de ma moitié qui tourne de moins en moins rond.
Il doit être surmené, il a besoin de repos, il va se reprendre, pas de quoi en faire une montagne…..

Il sombre sans que je sache vraiment pourquoi. Dans un premier temps je ne cherche pas vraiment à comprendre non plus. Après tout, lui aussi à le droit à sa "dépression post natale", il va se reprendre "c'est un dur à cuir" mon mec.
Je le pousse, le réprimande, essaye de le stimuler comme je peux, rien n'y fait. Au contraire c'est de pire en pire. Ca ne va pas.
Ca m'agace fortement, surtout qu'il a vraiment tout pour être heureux : un bébé en pleine santé, une femme fidèle et aimante, un job intéressant avec enfin des responsabilités (ce qu'il a attendu assez longtemps) un logement qui en fait rêver plus d'un…mais qu'est-ce qu'il lui faut de plus ??? Jamais content celui là.
Et puis merde, c'est pas à moi de régler ça, il n'a qu'à aller voir un toubib… Je tente l'approche et c'est là que les ennuis commencent. "Il n'est pas malade", "il n'a pas besoin de voir de médecin" mais moi par contre, "je lui pourri la vie". "Je ne comprends vraiment rien à rien".

Il s'isole, de plus en plus, et de plus en plus souvent. Je m'inquiète et j'alerte mon médecin de famille qui va tenter de m'aider dans ma quête. Antidépresseurs, on touche le fond. Impossible de dialoguer tous les deux. J'émets alors l'idée d'une thérapie, que je me reprends aussi sec dans l'autre sens.
Il n'est pas "débile", point final.
Je mets plusieurs semaines à lui faire accepter de voir un psy, je pense avoir gagné ! Il se sent mal et je le persuade que ce psy peut le guérir. Mais celle qu'il va consulter est autant à l'écoute qu'un contrôleur de la RATP un jour de grève; cette pouffiasse va réduire tous mes espoirs à néant en ½ heure.
Il est déprimé et moi aussi.

Ce que je prenais pour une dépression va évoluer considérablement. Il somatise.
Des maux de ventre abominables le clouent sur place, c'est comme s'il avait une énorme gastro tous les jours. Le palliatif, il lui faut de la stabilité : c'est-à-dire pas de surprise, rien qui ne sorte de l'ordinaire, le "train train", surtout le "train train" au cas où la crise arriverait.
Il apprend à vivre avec ses crises et j'apprends à vivre sans lui.
Il n'a plus de vie sociale, je tente de maintenir quelques contacts. Les copains s'interrogent : y a-t-il un problème ? Il est sur le point de lâcher son boulot. Il me reproche de ne pas l'aider et de le laisser crever sur place. Je ne le comprends pas, je le juge hâtivement puis me demande si finalement ce n'est pas moi qui le rend malade.

Je l'aime, je lui propose le divorce. Je me résigne à le voir heureux avec une autre plutôt que de le laisser dans cet état là avec moi. Il refuse, "là n'est pas la question", la seule "chose" qui l'intéresse c'est sa fille. C'est sa bouée de sauvetage. Je ne peux pas lui enlever, ça le tuerait.
Alors j'attends.
Il a enfin le déclic, il se pense malade, gravement, un truc au ventre, il veut guérir. On cherche un traitement qui pourrait enfin le soulager. On espère que c'est une pathologie grave ou rare car on est prêt à tout entendre et à prendre n'importe quel médicament pourvu que ça marche.
C'est un gastro-entérologue qui nous délivrera. Le seul qui va prendre le temps d'ausculter mon homme des pieds à la tête et surtout de lui parler. Lui expliquer avec des mots simples qu'il n'est pas fou, qu'il a "juste" d'énormes crises d'angoisse avec d'affreux spasmes.
Rien de "médical".
Il n'en connaît pas la ou les causes, mais il lui explique que c'est "dans sa tête" et que le salut ne viendra pas du sac de médicaments qu'il trimbale et ingurgite chaque jour, mais de la libération de son esprit.
On appelle ces réactions incontrôlées : des attaques de panique

Face à une situation angoissante pour lui (transports, foule…), son cerveau se défend de la même façon qu'il le ferait face à un ennemi réel. Poussée d'adrénaline, sur ventilation, sudation excessive, contraction des muscles, tous les signes "habituels" qui préparaient notre corps en temps normal au combat avant l'entrée dans l'arène.
Sauf que dans ce cas, l'ennemi n'existe pas, et son cerveau faute de combattant identifié, analyse tous les paramètres liés à l'environnement, et les associent à cet ennemi invisible, comme des signes de sa présence. Confronté de nouveau à ces mêmes paramètres, son cerveau désorienté identifiera les signes potentiels de l'ennemi, et engagera une procédure de défense. Ce mode opératoire étant irrationnel car monté de toute pièce par une dérive absurde du mental, la réaction de l'agoraphobe est souvent incomprise des proches.
Enfin orienté, il surf sur le web à la recherche de témoignages semblables, des nuits entières…
C'est important de ne pas être tout seul, c'est par ce biais d'Internet qu'il trouve un début de réponse, et peu à peu le dialogue se réinstalle de nouveau entre nous.

Je suis effondrée par ce qu'il m'apprend. Il a vécu l'enfer tout seul dans l'incompréhension de tous.
Je ne savais pas, j'ai eu tout faux.
Il remonte loin dans son passé "et fait sa thérapie"
Ca fait environ 6 mois qu'il a refait surface, il n'est pas guérit mais il fait très attention.
Je suis beaucoup plus attentive à ses peurs et l'encourage beaucoup. Je ne le brusque plus.
Il a fait des progrès énormes. J'étais folle de joie à sa première sortie au centre commercial.
Nous avons fêté ça comme une promotion.

Je ne le juge plus, moi aussi j'ai progressé.
Le plus beau cadeau qu'il m'est offert ? C'est en week-end pour mon anniversaire ….en avion !
B.Ka
Merci à B.ka d'avoir fait l'effort pour ce post à ma demande de décrypter "au pied levé" ses sentiments et expériences de "témoin malgré elle" .Car si on trouve de nombreux témoignages d'agoraphobes, on en trouve peu concernant leur entourage et de leur perception de "l'extérieur" de cette prison mentale.
Consultez le site de référence sur l'agoraphobie et les phobies sociales www.deploie-tes-ailes.org
G.o.T
27 septembre 2006
Agoraphobie - Mode d'Emploi
Agoraphobie - Mode d'Emploi
Le "mal de ventre du lundi matin"… Tout le monde le connaît, tout le monde là eu au moins une fois car ce jour là c'était la rentrée scolaire, le jour de l'interro de physique, le passage d'un examen, le permis de conduire, une dent à soigner, le premier rencard, le premier jour de boulot, le jour de la big réunion avec les américains tout en anglais etc…
On rassemble nos forces pour affronter notre peur, une grande respiration, on serre les dents (sauf chez le dentiste, sinon c'est pas pratique) et on surmonte cet instant pénible mais qui sera en fait vite oublié. Un moment classique et banal de la vie au quotidien!

Imaginez maintenant que ce "mal au ventre du lundi matin" vous poursuive à chaque instant délicat de votre vie, pour un oui pour un non. Vous allez me dire, "mais non, on n'a pas des moments aussi difficiles à surmonter tous les jours, ce serait invivable!"
Et vous avez raison, c'est invivable.
Pourtant certaines personnes vivent cela au quotidien. Les pompiers, les militaires en Irak, les médecins des urgences ? Non, des gens comme vous et moi; ils peuvent être n'importe qui : votre voisin peut-être, votre collègue, votre conjoint, vos enfants ou cet ado boutonneux vautré sur le canapé jouant à la PS2.
Ces personnes sont victimes d'une prison mentale dont ils ont jour après jour édifié les murs gris et froids. Jour après jour, le "mal de ventre du lundi matin" s'est fait de plus en plus présent, pour devenir une sensation quotidienne qui se réveille à chaque moment angoissant.
Le mot est dit: l'angoisse et le stress sont les nourritures célestes dont s'abreuve cette prison.

Le cauchemar s'est lentement et silencieusement installé, au fil du temps avec toujours le même mécanisme : angoisse, stress maximal face à une épreuve à affronter, panique et renoncement.
Puis à chaque fois que la même situation réapparaitra, l'angoisse et la panique seront encore plus grandes et le renoncement encore plus rapide. Il faut souvent remonter plusieurs mois voire années pour découvrir les origines des angoisses, sentiments enfouis qui ressurgissent quand on ne les attend pas.
Cette prison mentale, ou plutôt ces prisons mentales sont les phobies dites sociales dont une des plus incapacitante est l'agoraphobie.
Mais comment se traduisent ces phobies ? Tout simplement à travers des actes de la vie de tous les jours qui deviennent peu à peu insurmontables.
L'angoisse se manifeste de différentes façons, et parfois vous vous croyez atteint d'un mal inconnu aux divers symptômes inquiétants; pourtant c'est tout simplement l'angoisse qui se transforme en malaises divers et vous fait somatiser.

- Évitez-vous les centres commerciaux, les restaurants, les cinémas, les supermarchés, les transports en commun, les bureaux de votre société, votre établissement scolaire de crainte qu'il ne vous quelque chose ?
Si oui, vous souffrez probablement d'agoraphobie.
- Avez-vous peur des personnes en position d'autorité, des critiques, de rougir ou de parler en public, de trembler devant les autres? Vous souffrez peut-être de phobie sociale.
- Les chiens vous terrorisent, vous n'arrivez pas à passer sur un pont, voir d'une araignée à la télé vous donne des sueurs? La phobie simple fait partie de votre vie.
Dans les trois cas, ces peurs sont accompagnées de symptômes allant de simples palpitations à la peur mourir ou de perdre la raison, voire à la panique totale.

Les phobies ne sont pas une maladie, mais une réaction émotionnelle apprise au fil des mois, des années, qui se traduisent rapidement par des comportements d'évitement.
L'agoraphobie est toujours accompagnée d'angoisses très élevées et d'états de panique irrationnelle traduits par divers symptômes corporels : difficulté à respirer, impression de perdre l'équilibre, engourdissements, tremblements, palpitations cardiaques, et de symptômes mentaux : idées noires, impression de mourir, perte du contrôle de ses actes.
Ces "attaques de panique" surviennent généralement à l'extérieur de la maison dans des endroits isolés ou très peuplé, partout où vous risquez de vous sentir coincé et de ne pas obtenir rapidement une aide adéquate.
Les agoraphobes finissent par éviter de sortir, d'aller dans les centres commerciaux restaurants, à l'extérieur de la ville etc... par simple peur d'avoir ces "attaques de panique" à la fois terrifiantes et épuisantes; car à chaque montée et expression de la phobie, la personne brûle toute sont énergie pour lutter contre sa propre perte, et finit par s'épuiser. Bref, c'est la peur de la peur, c'est l'emprisonement volontaire.

Heureusement, il existe un traitement efficace : la thérapie comportementale.
On pense que l'anxiété et la panique ressenties par l'agoraphobe sont des comportements "appris", comme une mauvaise habitude, un reflexe conditionné.
Le chemin est long, passant en premier lieu par l'acceptation de la phobie, puis par la volonté de l'affronter tel un ennemi concret.
Vous devez comprendre que les sensations que vous éprouvez résultent de votre anxiété, et qu'elles ne sont aucunement dangereuses pour votre vie. Un état de panique même s'il est très important finit toujours par retomber au bout de quelques minutes, car votre corps ne peut pas rester indéfiniment sur la défensive, quelques minutes plus tard vous reprendrez forcément le contrôle.
C'est apprendre à affronter ses peurs, surmonter sa panique et reprendre le contrôle qui est à la base de la thérapie.
C'est un combat de tous les jours, où chaque centimètre gagné vous éloigne un peu plus des murs de votre prison et vous approche de la lumière au bout du tunnel.

Suite à un enchaînement de problèmes de santé pendant plusieurs mois, dont le dernier a eu du mal à passer malgré plus 6 semaines de divers traitements assez lourd, j'ai découvert en 2005 que j'étais agoraphobe.
Plusieurs semaines ont été nécessaires pour l'accepter.
Après plusieurs mois de recherches intensives, avec l'aide précieuse du site www.deploie-tes-ailes.org, et une auto analyse (tout seul comme un grand), j'ai réussit en remontant le fil de ma vie, à comprendre que j'en étais prisonnier en fait depuis plus de 25 ans.
25 ans plus tard, j'ai mis enfin un nom sur un mal silencieux et chronique qui me rongeait depuis mon enfance.
Aujourd'hui, plus de 18 mois ont passé... je vais mieux.
Je reprends les transports, je refais seul mes courses au supermarché (mais pas encore le samedi), je revois mes amis, ma famille, car je peux de nouveau m'éloigner à plus de 30 min de chez moi.
La route a été longue, et elle l'est encore... mais j'ai eu la force d'emprunter celle de la guérison.
Je tiens à remercier les interventions du Dr TANGUY pour avoir traités les réels symptômes et mis sur la voie, quant à ceux issus de mes délires, et du Dr TROUILLARD que je ne remercierai jamais assez de m'avoir libéré l'esprit en trouvant des mots plus puissants que les drogues qu'on m'avait prescrites, un matin de printemps ensoleillé.
J'arrive surtout désormais à en parler, et c'est en parlant simplement de mon expérience autour de moi lors de conversations anodines, que je me suis aperçu que je n'étais pas un cas isolé.
Amis, collègues, parents connaissent souvent quelqu'un de proche souffrant des ces divers symptômes, sans pour autant y porter attention, ou y mettre un nom dessus.

Voilà pourquoi j'ai décidé d'en parler aujourd'hui, je pense que la prochaine étape menant à ma guérison sera d'aider les autres, de les aider à se libérer, et à déployer leurs ailes meurtries.
Fuir ou Affronter...
Ma Peur ! L'esclave s'est affranchi, j'ai décidé de ne plus te fuir.
G.o.T
Consultez www.deploie-tes-ailes.org, le site de référence sur l'agoraphobie et les phobies sociales, la documentation proposée est une source inestimable pour en comprendre et en combattre les mécanismes.
Testez votre agoraphobie ici
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